Conjoncture des filières bio d'Occitanie fin 2022

L’Observatoire Régional de l’Agriculture Biologique d’Interbio Occitanie propose en cette fin d’année 2022 un point sur la conjoncture actuelle des filières bio d’Occitanie, qui se trouvent dans une situation inquiétante, mais pas catastrophique.
Retrouvez la synthèse complète sur le site de l'Observatoire de la bio d'Occitanie
La production
Les filières bio continuent de recruter des producteurs en Occitanie, même si le rythme de croissance des conversions et installations est plus faible que les années précédentes. L’évolution des nouvelles notifications revient sur un niveau comparable à celui de 2015-2017 pour l’amont et l’aval. Cette perte de vitesse s’observe pour toutes les filières bio régionales. La dynamique de la production bio en région Occitanie est malgré tout légèrement plus soutenue qu’au national.
Le solde global d’exploitations par filière n’est pas encore connu mais devrait rester positif. Il n’y aura a priori pas de déconversions massives, ni en région, ni au national.
Ce ralentissement global de la dynamique de production bio en Occitanie aidera à stabiliser les marchés et les prix, dans un contexte inflationniste et approchant d’une saturation contextuelle.
Le marché
En fin d’année, le marché du bio semblait enfin se stabiliser après des mois de chute. Les perspectives pour 2023 restent néanmoins incertaines, car les répercussions de l’inflation et de l’augmentation du prix de l’énergie pourraient finalement impacter fortement le marché.
L’impact lié à l’inflation semble moindre en bio qu’en conventionnel, bien que les conséquences et dynamiques diffèrent selon les marchés et les filières. Ce phénomène s’explique partiellement par un impact bien moindre des marchés à terme sur le prix des produits bio et une contractualisation plus importante.
La GMS continue à déréférencer les produits bio mais en distribution spécialisée, la situation semble se consolider.
Il ressort de manière générale un déficit d’information au consommateur sur les plus-values de la bio. Le report d’achat se fait sur des produits souvent moins chers qui paraissent équivalents mais qui ne le sont pas (HVE, 0 résidus de pesticides...).
Dynamiques des filières
Grandes cultures : La conjoncture actuelle est plutôt favorable, semblable à celle de l’an dernier. La surproduction régionale est absorbée par les marchés d’export. Les OS ont jusque-là maintenu un différentiel de prix avec le conventionnel. Une baisse de consommation est à prévoir pour la prochaine campagne, auprès des consommateurs finaux et des acheteurs intermédiaires comme les meuneries (cf. impact des charges d'énergie). L’écart de prix avec le conventionnel, jusque-là maintenu par les OS, pourrait diminuer si les acheteurs ne suivent plus.
Viticulture : Cette année, la vendange a été particulièrement bonne, du fait des conditions climatiques finalement favorables et la forte augmentation des conversions/installations de ces trois dernières années. Le marché français commence à ralentir. La baisse des conversions observée cette année va aider à réguler le marché. Risque de déclassement des production viticole de moins bonne qualité pour maintenir un bon niveau de qualité/prix. Les tendances du marché vrac sont à l’augmentation de la contractualisation et à la baisse de prix.

Fruits et Légumes : Les fruits et légumes bio ont subi cette année une baisse de consommation notable (-6 % en volume et – 7% en valeur). L’écart de prix entre le bio et le conventionnel se resserre. Les légumes ont été plus sujets au déclassement que les fruits (mis à part les melons et les abricots). La baisse de consommation se fait aussi sentir en circuits courts. Pour l’année à venir, les prévisions ne sont pas très optimistes. Les opérateurs sont inquiets des effets que pourraient avoir les éventuels délestages électriques sur le stock réfrigéré (crainte de dégâts sur le matériel et sur les produits réfrigérés).
PPAM : Le marché des plantes sèches subit une baisse de consommation entraînant un déréférencement, y compris dans certaines enseignes de distribution spécialisée. Les huiles essentielles ont aussi des difficultés pour se commercialiser, surtout pour la lavande et le lavandin qui sont en surproduction. Pour les autres essences, la demande continue à tirer un peu le marché, bien que ralentie. En circuits courts, les producteurs n’ont pas observé de décrochage des ventes.
Viandes : De manière générale, la commercialisation des viandes cette année a été en baisse, malgré un petit regain observé en fin d’année. L’écart de prix avec le conventionnel est faible, voire même inversé pour certains SIQO. En circuits courts, aucune difficulté majeure de commercialisation n’a été remontée. La RHD est un levier de croissance intéressant bien que les volumes concernés soient assez faibles. La crise économique est couplée pour les volailles et œufs avec une crise sanitaire importante. La hausse des matières premières et des aliments complique la valorisation des productions animales bio.
Laits : Perte de vitesse générale de la filière laitière. Les fabrications sont globalement en baisse. Le taux de déclassement est stable et se fait plutôt vers des marchés conventionnels rémunérateurs. En GD, la politique est encore à l’augmentation des prix d’achat et de vente au consommateur. Les producteurs sont pris en étau entre l’augmentation des coûts de production et la stagnation du prix du lait qui leur est acheté. Situation particulièrement tendue en lait de chèvre, où les débouchés sont saturés, et plusieurs éleveurs se retrouvent sans collecteur.
Apiculture : Depuis deux ans, la production dans le sud de la France est très perturbée par les aléas climatiques provoquant de faibles rendements. La filière est fortement impactée par l’augmentation du prix des matières premières (transport de pots en verre, arbitrages sur la transhumance etc.). L’Ukraine étant le premier pays exportateur de miel, le conflit a particulièrement déstabilisé les marchés de cette filière. Les conversions continuent sur un rythme stable et sont encouragées car peu risquées. La nouvelle réglementation génère des inquiétudes pour l’année prochaine car le guide de lecture n’est pas finalisé et laisse des incertitudes sur les emplacements de ruchers.
RHD : La RHD représente un débouché assez bon et stable pour les produits bio. Les volumes absorbés augmentent avec la mise en application de la loi Egalim. La bio représente actuellement 5-6 % des achats en RHD et 10 % en scolaire. Les collectivités sont dans l’ensemble engagées dans les achats de produits bio. Les achats en RHD, jusqu’ici régis par Les contrats annuels régissant jusqu’à présent les achats en RHD protègent les établissements déjà engagés en bio de l’inflation, à la différence des nouveaux qui sont confrontés à l’augmentation du prix des produits. Les fournisseurs déplorent eux l’impossibilité de répercuter leurs augmentations de charges dans le prix des produits.
Conclusion
Les filières sont prises en étau entre l’augmentation du coût des matières premières d’un côté et la diminution de la consommation et du plafonnement des prix de vente de l’autre. Pour autant, bien qu’inquiétante, la situation n’est pas catastrophique : les niveaux de croissance sont ceux de 2016 et les instances publiques se mobilisent (reconduite de l’aide au maintien de la bio par exemple).
L’enjeu actuel est autant d’accompagner les filières bio dans leur développement que de conforter l’existant. Les opérateurs ont besoin d’aide pour traverser cette crise et ses conséquences, comme l’augmentation du prix de l’énergie, le délestage etc. Pour cela, plusieurs pistes sont envisageables : accompagnement technique pour réduire les coûts de production, accompagnement de collectifs de producteurs pour favoriser la mutualisation, le développement de circuits de commercialisation alternatifs, la diversification des gammes, le déploiement de campagnes de promotions et l’amélioration de la qualité des produits.

Résultats de l'analyse de l'adéquation offre - demande en FEL bio
Interfel et FranceAgriMer ont commandité une étude auprès des bureaux d'études AND-international et Ecozept afin d'analyser l'adéquation entre l'offre et la demande en fruits et légumes biologiques en France. L'étude, réalisée entre mars et juin 2022, est organisée en 2 volets (analyse économique de l'offre et perception des consommateurs vis à vis du bio). Les résultats ont été présentés lors d'un webinaire fin octobre 2022.
Le contexte dans lequel s'inscrit cette étude...
- En 2021 et 2022, baisse des ventes de FEL bio en France (en valeur et en volume), après 15 années de croissance continue
- Saturation du marché des FEL bio, difficultés à écouler les produits à un prix correct, déséquilibre offre - demande
Résultats de l'analyse économique de l'offre
L'étude pointe des difficultés sur le suivi des données de production / mise en marché / commercialisation / consommation des FEL bio. Les multiples sources ne suivent pas les mêmes listes d'espèces, ce qui ne permet pas de suivre les campagnes au jour le jour. En situation de déséquilibre offre - demande, cela entrave la capacité d'anticipation des opérateurs. Malgré tout, ces suivis, bien qu'imparfaits, restent des clés de lecture précieuses, sans équivalent dans les autres pays de l'UE.
Des opérateurs amont et aval de la filière FEL bio française ont été interrogés sur leurs pratiques contractuelles et leur analyse du marché et de la situation :
- dans un contexte de déséquilibre offre - demande, les relations avec les centrales généralistes sont difficiles à maintenir
- il est difficile d'organiser des promotions sur les FEL bio
- peu d'opérateurs disposent de "soupapes stratégiques" pour écouler leurs produits sur des marchés secondaires sans les déclasser ni les brader
- grosse concurrence du local, puis des certifications agro-environnementales vis à vis du bio
- les conditions sociales de la production bio sont méconnues, notamment sur le volet emploi
L'exemple de la filière FEL bio allemande
Un benchmark de la filière FEL bio allemande met en avant quelques facteurs de résilience en situation de crise, notamment :
- la diversification des exploitations allemandes (FEL couplés aux grandes cultures notamment)
- la diversification des débouchés (frais + industrie, circuits longs + circuits courts, contrats locaux + vente directe)
- l'importance de la contractualisation sur les FEL destinés à l'industrie et pour les produits ultrafrais pour la GMS
- l'importance des discounter allemand qui jouent un rôle particulier avec des contrats cadres sans garantie de prix, mais avec des dégagements de gros volumes dès la récolte
- des solutions de dégagement individuelles : stockage, non récolte, vente de produits lavés et triés à l'industrie de la nutrition des animaux de compagnie ou à la transformation des FEL
- une coopération verticale entre producteurs ou négociants et distributeurs
- une contractualisation renforcée par le développement de labélisations régionales
Des consommateurs désorientés et méfiants, mais attachés aux FEL
Grâce à des focus-groups et à une étude quantitative, l'étude montre que :
- les consommateurs.trices sont désorientés par le flot de labels, signes et allégations, inquiets à cause des scandales, mais toujours motivés pour une alimentation éthique et de qualité
- les FEL frais sont perçus comme des produits incontournables. Maintien de la consommation, mais volonté de contenir / réduire les dépenses alimentaires
- le local est pour les consommateurs un repère dans un climat de confusion et de méfiance
- le bio ne se distingue pas assez nettement du local non bio.
- 2 acteurs inspirent encore confiance : l'état et ses instances, et les producteurs agricoles
- les jeunes (18-34 ans) estiment plus positivement le bio
- les consommateurs expriment pour partie une adhésion forte au bio et souhaitent maintenir leur consommation même dans un contexte d'inflation
Faites-vous accompagner pour faire des économies : Diagnostic ECOFLUX BPI – ADEME
La BPI et l’ADEME propose un accompagnement pour faire des économies d’énergies et autres flux (matières, eau…) à destination des entreprises de 20 à 250 salariés.
En vous engageant dans cette démarche, vous bénéficiez d’un diagnostic puis d’un accompagnement d’un expert pendant un an pour mettre en œuvre les économies d’énergies / matières /eau, avec évaluation des économies réalisées à la fin de l’accompagnement.
Coût pour l’entreprise
- 2 000€ HT après subvention pour les sites de 20 à 49 salariés
- 3 000€ HT après subvention pour les sites de 50 à 250 salariés
Plus d’infos sur : https://diagecoflux.bpifrance.fr/accompagnement
Pour faire une demande d’accompagnement : https://www.bpifrance.fr/catalogue-offres/transition-ecologique-et-energetique/diag-eco-flux
Se sourcer en miel et produits de la ruche bio d'Occitanie
Ocebio et l’ADA Occitanie (association de développement de l’apiculture en Occitanie) mènent ensemble des actions pour le développement de l’apiculture biologique, notamment sur la mise en relation des apiculteurs bio d’Occitanie avec les transformateurs utilisant du miel et/ou produits de la ruche bio dans leurs fabrications (biscuiteries, confiseries, fabricants de yaourts, de glaces, etc.).
Dans le cadre de ce partenariat a été éditée une plaquette dont l'objectif est d'aider les transformateurs pour trouver un fournisseur régional de miel bio. Ce document présente différentes ressources pour que les transformateurs puissent communiquer leurs besoins en miel bio et/ou pour trouver des fournisseurs (lien de 2 sites web, contacts de 2 collectifs d’apiculteurs bio régionaux).
Cette plaquette est gratuite et libre d’accès, n’hésitez pas à la consulter, et à la diffuser !
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La nouvelle version du Guide de la distribution bio 2022 est disponible !
Ocebio a participé à la mise à jour de cette seconde édition du guide de la distribution bio en Nouvelle Aquitaine et en Occitanie, co-édité par Interbio Occitanie et Interbio Nouvelle Aquitaine.
Pour mémoire, cet outil présente les principaux distributeurs implantés en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine et de précise les méthodes de référencement de chacun, afin de faciliter les partenariats commerciaux entre les acteurs de la filière bio.
Crédits photo : Scott Warman, Unsplash
Panorama de l'aval des filières bio d'Occitanie en 2021
L'Observatoire régional animé par Interbio Occitanie vient de publier la synthèse régionale des chiffres de la bio d'Occitanie en 2021. L'occasion de faire un point sur les chiffres-clés du secteur aval bio régional !
Répartition des acteurs aval des filières bio d'Occitanie par grands métiers
Répartition géographique des IAA et Commerces de gros
Détails des activités des opérateurs de commerce de gros et des IAA bio régionales
Filière principale des opérateurs de commerce de gros et des IAA bio d'Occitanie
Retrouvez l'ensemble des publications de l'Observatoire régional de la bio sur le site d'Interbio Occitanie !
Crédits photos et pictos : macrovector, photoroyalty, senivpetro, wayhomestudio, sur Freepik - Ante Hamersmit, Arno Senoner, Roman Kraft, Erol Ahmed - Unsplash
Prolongement et simplification de l’aide « gaz et électricité »
L'état français a décidé en mars 2022 la mise en place d'une aide d’urgence dans le cadre du Plan de résilience économique et sociale à la suite de l’invasion de l’Ukraine. Cette aide a été mise en œuvre dès le 1er juillet. Cette aide est une subvention ciblée visant à compenser les surcoûts de dépenses de gaz ou d’électricité des entreprises grandes consommatrices d’énergie. Ce dispositif permet de soutenir les entreprises qui sont particulièrement dépendantes des prix de l’énergie et de maintenir leur production. Cette aide comprend plusieurs volets, plafonnés respectivement à 2, 25 et 50 millions d’euros d’aides, selon les spécificités de l’entreprise.
Dans un contexte où la tension des marchés du gaz et de l’électricité se maintient, le ministère de l’Economie et des Finances a décidé de prolonger cette aide d’urgence « gaz et électricité » pour les entreprises grandes consommatrices de gaz ou d’électricité jusqu’à fin décembre 2022.
Pour être éligibles à ces aides, les entreprises doivent remplir répondre aux critères suivants :
- être une entreprises grande consommatrice d’énergie c’est-à-dire avoir des achats de gaz et/ou d’électricité atteignant au moins 3 % de leur chiffre d’affaires 2021
- avoir subi un doublement du prix du gaz et/ou de l’électricité sur la période éligible par rapport à une moyenne de prix sur l’année 2021
Le dispositif actuel, doté de 3 milliards d’euros de crédits, étant peu utilisé et ne permettant pas de faire face à la situation actuelle de hausse massive des prix, les ministres ont également décidé la simplification du dispositif, avec les ajustements suivants :
- Les dates limites de dépôt sont repoussées pour permettre aux entreprises de rassembler les pièces justificatives et les faire certifier par leur expert-comptable ou leur commissaire aux comptes. Ainsi les dossiers concernant la période de mars à août pourront être déposés jusqu’à la fin décembre 2022. Les entreprises qui ne se sont pas saisies du dispositif peuvent donc de nouveau déposer leur dossier sur www.impots.gouv.fr. Les dates de dépôt des dossiers de la période de septembre à décembre seront précisées ultérieurement sur ce même site internet
- Le critère de baisse ou de perte d’EBE sera apprécié (maille mensuelle ou sur trois mois de la période éligible)
- il sera tenu compte des régularisations de factures d’électricité et de gaz qui interviendraient avec un décalage de plusieurs mois et ne pourraient pas être fournies dans les délais de dépôt des dossiers
- Pour l’aide plafonnée à 2 millions d’euros : L’aide est actuellement réservée aux entreprises qui démontrent une baisse d’excédent brut d’exploitation (EBE) d’au moins 30 % sur un trimestre par rapport à 2021. Ce seuil de 30 % est supprimé. Une simple baisse de l’EBE, calculée sur une base mensuelle par rapport à 2021, sera désormais suffisante pour remplir ce critère.
Un nouvel atelier de transformation pour la Ferme du Causse
La Ferme du Causse, entreprise bio régionale produisant des yaourts de brebis bio, a inauguré au début du mois son nouvel atelier de transformation à la limite entre Lozère et Aveyron, après plusieurs années de travaux. Le nouvel outil permet à l'entreprise de se développer et d'envisager le lancement de nouveaux produits bio pour compléter la gamme initiale. L'atelier intègre un espace visite, qui permet au grand public de découvrir le process de production, et qui sensibilise les visiteurs à la démarche d'ancrage territorial de la Ferme du Causse et aux fondements de l'agriculture biologique. Un magasin de produits locaux, le Panier, est adossé au nouveau bâtiment afin de mettre en avant l'offre locale à côté des produits de l'entreprise.
Le projet a permis le renforcement de partenariats d'approvisionnement locaux, notamment avec 2 élevages bio du territoire. Le projet a également permis le recrutement de 6 personnes, et d'autres créations de postes sont encore prévues.
Pour réaliser son projet, l'entreprise a bénéficié d'un important soutien du Fonds Avenir Bio (géré par l'Agence Bio), et de co-financements du FEADER, de la Région Occitanie et de la Communauté de communes Des Causses à l'Aubrac. La ferme du Causse a également été accompagnée par Ocebio dans le montage et l'animation de ce projet.
Pour en savoir plus :
L’Étuverie et Barthet Bio, les 2 lauréats du Concours BIOrigine Gers !
Le concours BIOrigine Gers, organisé par Gers Développement, a pour objectif de récompenser les entreprises agricoles et agroalimentaires s'approvisionnant en matières premières bio du Gers. Cette initiative portée par Gers Développement, vise à encourager le développement des agroalimentaires bio gersoises et de valoriser le Gers en tant que territoire à la pointe de la production et la transformation biologiques. Pour cette seconde édition, 9 dossiers de candidature ont été étudiés par le jury du concours, sur la base des critères suivants : produit, potentiel de développement, innovation, impact environnemental, impact territorial, créations d’emplois et équipe projet.
L'Etuverie, exploitation agricole basée à Cadeilhan, près de Fleurance, a remporté le prix "Circuits-courts". Nicolas Ricau et Fabien Candelon, les deux amis à l'origine de l'entreprise, transforment exclusivement de l'ail frais bio du Gers en ail noir bio (têtes d'ail noir, gousses, pâte d'ail noir, moutarde à l'ail noir, etc.). Leurs produits haut-de-gamme et made in Gers sont commercialisés partout en France, exportés, et utilisés par des restaurants étoilés.
Le prix "Circuits-longs" a été remis à l'entreprise Barthet Bio, exploitation agricole familiale créée en 1854, cultivant et transformant des fruits et légumes bio cultivés sur place. L'entreprise est engagée en outre en faveur des économies d'énergies et de la protection de la biodiversité (plantations en agro-foresterie, haies paysagères, présence de ruches, etc.).
Contact et infos
Marine BRUNEEL
Tel : 07 63 15 93 71
Email : m.bruneel@gersdeveloppement.fr
Site du concours : www.concours-bio.fr
Point d’actualité sur le scoring environnemental des produits alimentaires
L’équipe d’Ocebio a participé le 30 juin dernier à la journée « Le scoring alimentaire, un potentiel pour innover », organisée par Ad’Occ à Toulouse, l’occasion d’en apprendre plus sur le fonctionnement et les actualités des démarches de scoring nutritionnel et environnemental des produits alimentaires.
L'affichage environnemental remis en lumière par la convention citoyenne pour le climat
L’affichage de l’impact environnemental des produits alimentaires fait partie des premières propositions issues de la convention citoyenne pour le climat. Le gouvernement s’est saisi de cette demande et a lancé un débat parlementaire sur le sujet, prenant corps en août 2021 avec la loi Climat, rendant notamment obligatoire le scoring environnemental sur les produits alimentaires. La France s’est ainsi positionnée en pays européen précurseur sur ce travail.
Par ailleurs, l’ADEME et l’INRAe, au sein du GIS-REVALIM, ont travaillé depuis plusieurs années à la construction d’une base de données issues d’Analyses de Cycles de Vie (ACV) pour les produits agricoles et alimentaires : la base Agribalyse. Ces travaux s’inscrivent dans une approche multi-critères et multi-impacts de l’évaluation environnementale, sur une base scientifique.
Le projet de scoring environnemental s’est donc adossé aux travaux déjà initié autour d’Agribalyse. La base de données et les méthodes de calcul étant génériques, et non spécifiques, les premiers résultats ont généré une importante insatisfaction auprès de certains acteurs. Les scores affichés ne permettaient en effet pas de discriminer l’impact environnemental assez finement au sein des catégories de produits, lissant l’effet des modes de production agricole pour un même produit. En réaction, d’autres démarches de scoring environnemental privées se sont mises en route, afin de proposer des systèmes alternatifs.
Eco-score et Planet-Score
Le Planet-Score et l’Eco-Score, les deux systèmes les plus aboutis, ont été mis en expérimentation auprès des consommateurs en 2021 :
L’Eco-Score : méthode assez proche de la méthode ACV classique, avec un système complémentaire de bonus et malus pour certaines pratiques considérées comme vertueuse pour l’environnement. Indicateur agrégé (couleur + lettre). L’enseigne Carrefour, qui a testé à grande échelle l’Eco-Score, constate que ce label ne met pas assez en avant des critères attendus par les consommateurs, et notamment les pesticides, le bien-être animal, et le mode de production. De plus, le conseil scientifique qui suit le projet apprécie la rapidité de déploiement de la méthode, mais lui reproche une trop grande « rusticité » et un manque de précision.
Le Planet-Score : méthode utilisant la méthode ACV et Agribalyse, mais intégrant un grand nombre de paramètres de calculs supplémentaires. L’ACV est fragmentée en 4 blocs : santé et toxicité environnementale, biodiversité et écosystèmes, climats et ressources. L’étiquette affiche une notation de A à E (soit 5 couleurs), sur 3 sous-critères, et un indicateur de bien-être animal (voir l’article d’Ocebio de juillet 2021 pour plus de détails). Les retours consommateurs sont positifs, ils apprécient la clarté et la transparence de l’affichage, et apprécient la présence des indicateurs de pesticides et bien-être animal. Le mode de calcul permet d’introduire de la discrimination au sein des catégories de produits.
Retours d’entreprises bio régionales ayant testé ces labels
La société Nutrition et santé a testé le Planet-Score sur une gamme de marques iconiques de leur portefeuille produits. 80% des produits testés ont été notés A sur tous les critères du Planet-Score, dont 100% des produits bio. Les produits obtenant les scores C ou D contiennent certains ingrédients comme le cacao et le sucre de betterave. L’entreprise apprécie globalement le dispositif, jugeant que les notes reflètent bien leurs pratiques, et permettent une différenciation intra-produits.
La jeune pousse Yummy Twice a quant à elle testé l’Eco-Score. L’entrepreneur a apprécié sa simplicité et sa rapidité de mise en place.
En parallèle, le travail se poursuit sur Agribalyse…
Le GIS-REVALIM poursuit son travail pour améliorer la base Agribalyse, en vue d’enrichir la base avec des nouveaux produits, et d’améliorer les données. Les principaux leviers d’amélioration sont principalement la prise en compte de la biodiversité à la parcelle, le stockage / déstockage de carbone dans les sols, et la toxicité / écotoxicité. Le GIS-REVALIM sortira ainsi en septembre 2022 la version 3.1 d’Agribalyse.
Par ailleurs, l’objectif est d’aboutir à un outil d’analyse semi-spécifique, qui permettrait de moduler plus finement les paramètres des ACV (mode de production, emballages, process, logistique…). L’idée est à termes d’avoir une base de données composée de briques élémentaires à combiner pour construire une ACV la plus fidèle au produit évalué, un peu sur le modèle de l'Ecobalyse, la base de données ACV du textile.
Plusieurs outils d’analyse semi-spécifique sont d’ailleurs en cours de développement, notamment :
- Karbon : l’outil permet de moduler certains paramètres comme la spécification d’une recette, le type d’emballage…
- PEFAP (Inrae) : méthode partant de la liste des ingrédients directement accessible sur l’emballage.
Et la suite ?
Du côté de l’Etat, l’heure et au bilan des expérimentations sur l’Eco-Score et le Planet-Score, et à l’élaboration d’une méthodologie s’inspirant des travaux réalisés, en intégrant leurs bénéfices et leurs limites. L’Etat et l’ADEME souhaite aboutir au meilleur compromis, tout en sachant qu’il sera difficile d’obtenir un outil consensuel. La méthodologie sera proposée début 2023 et soumise à consultation puis à un test. L’Etat envisage de commencer par une utilisation volontaire encadrée, avant de rendre obligatoire le dispositif.
Actualités du Planet-Score
Le collectif Planet-Score organise un événement consacré à la transparence environnementale dans le secteur agroalimentaire le MARDI 5 JUILLET 2022, de 10H15 à 13H30, au Balzac, 1 rue de Balzac, 75008 Paris
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